La fête de La Chenalotte, le 23 mai 1920

Cette année, l’Amicale des Sauterelle va animer une nouvelle fois le village pendant le week-end de la Pentecôte.

Cette fête du village le dimanche de la Pentecôte est une vieille tradition…Un article publié le 30 mai 1920 dans le « Pontissalien :  journal républicain hebdomadaire de l’arrondissement de Pontarlier », en apporte la preuve !

Voici la description qui en est faite :

« La fête de la Chenalotte. — Ceux de la Chenalotte, nés malins, imaginèrent de reporter leur fête patronale le jour de la Pentecôte. Comme ça ils sont sûrs d’avoir beaucoup de monde ! Un public du Villers, composé principalement d’horlogers, ces taillables à merci, leur est très fidèle.

Cette année, selon l’usage, de bonne heure après midi, les groupes amusés de filles et de garçons grimpèrent la côte et s’en allèrent, par le sentier à peine marqué de la montagne, pour dévaler ensuite, troublant les grands troupeaux de vaches, jusqu’au petit village de la bonne limonade. Part réservée à quelques mortuassiens venus qui en auto, qui à bicyclettes, c’est au demeurant le Villers seul qui mène la réjouissance : orchestre, danseurs, consommateurs, tous Villèriers. Ça n’en est pas moins très animé !

Aussi, au matin du jour suivant, une question croise la rue : «Êtes-vous allé à la fête de La Chenalotte ?

— Non, répond cette fois la jeune fille interpellée. Qu’y serais-je allée faire ? Quoi voir ? » Et en effet, quoi voir? Quoi faire ? au monde ; boire de la limonade en mangeant du gâteau traditionnel ; prendre de bons « quatre heures». Banales choses que cela !

Pourtant les pèlerins en sont trop zélés ! J’ai été au « revirot ». Tout le monde sait que le « revirot » est le lendemain de la fête. Il y avait encore pas mal de retardataires. La grande et rustique pelouse, devant l’église qui constitue la place du village (place et pâturage en même temps) paraissait désaffectée de livrer passage aux allées et venues des jeunes personnes endimanchées de blanc, lesquelles la profanaient parfois de leurs ferrailleuses bécanes poussées à la main. « Que d’hirondelles sur nos portes ! Observe un loustic indigène. Que n’ai-je maintenant vingt ans de moins !»

Mais n’est-ce pas la seule parure de fête, oh ! champêtre et sommeillante Chenalotte ?

A l’auberge D. qui est aussi une fabrique de limonade, un orchestre tente, par boutade, de réveiller l’ardeur gambadeuse des danseurs. Laissons les rares couples du bal s’agiter en cadence et arrêtons-nous dans la salle du bas pour y déguster la fameuse limonade. Il fait chaud dans ce patelin sans arbre, bordé d’une forêt ! Pendant que nous nous désaltérons, nous observons ce public facile, amateur de fêtes sans fête. Parmi, je reconnais les deux inséparables X… qui vont et viennent comme des âmes en peine, cherchant je ne sais quoi qui ne serait plus. Ils sont de ma génération, et leur jeunesse envolée a pu laisser ici, ou ailleurs, quelque bribe de leur passé sentimental. Je leur trouve un air dérouté ; n’en tiendrait-il qu’à moi ? Hélas, mes amis, les ombres que vous poursuivez ne sont plus là. Vôtre inquiétude est vaine. Un souffle vers la ville, a pu les emporter. Consolez-vous, la fleur du souvenir les remplace avec avantage. Maintenant c’est fini. La musique et l’éclat des voix se sont tues pour un an. A cette heure, j’en suis sûr, la Chenalotte épanouie a repris toute sa placidité coutumière ». B-M

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Source

http://archives.ville-pontarlier.fr/4DCGI/Web_Custompage/portail_recherche.shtm/ILUMP30757

Ce journal « Le Pontissalien » a été numérisé par les archives municipales de Pontarlier dont voici le portail de recherche

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