La Chenalotte dans la presse ancienne

De très nombreux projets de numérisation de la presse sont en cours dans les bibliothèques et les archives…Parmi la masse considérable d’articles disponibles en ligne, certains parlent de La Chenalotte.

Le Censeur : journal de Lyon, politique, industriel et littéraire, N°2470, dimanche 13 novembre 1842

«Tandis que nous jouissons à Pontarlier d’un ciel pur et d’une  température assez douce depuis lundi, et que la ville et la plaine sont totalement dégagées de neige, nous apprenons que les montagnes environnantes subissent déjà l’hiver dans toute sa rigueur avec quelques uns des malheurs qui en sont la triste conséquence. En plusieurs endroits il y a plus d’un pied de neige. Voici un accident que nous avons à signaler ; Puisse sa connaissance rendre plus prudents nos courageux montagnards et prévenir d’autres malheurs !

Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 octobre, à 9heures  du soir, le nommé Châlon, âgé d’environ 30 ans, domestique chez  le sieur Guillemin, au Noël-Cerneux, partit avec un cheval et une  voiture pour La Chenalotte, pays distant d’une demi-lieue. Dans l’obscurité de la nuit, par le temps affreux qu’il faisait, ce malheureux s’égara quoiqu’il connut parfaitement les chemins. On a remarqué les chemins. On a remarqué par l’empreinte des roues qu’il avait fait des trajets inconcevables pour venir auprès d’une maison dans laquelle sans doute il espérait trouver du secours ; mais elle était inhabitée. Le lendemain matin, on l’a trouvé raide mort de froid à côté de la voiture. Il est notoire que cet homme ne s’était livré à aucun excès de boisson.

L’impartial 05 juin 1883

Frontière française-. — (Corresp>.) — Chronique de la semaine dernière. — Lundi dernier on a constaté aux Pargots, commune du Lac ou Villers, au domicile de Madame veuve Villemin, un vol de linge d’une valeur de 83 fr. Un second vol de même nature a eu lieu à la Chenalotte. L’auteur de ce dernier vol est un colporteur qui venait de-Suisse, nommé Wosahla, Michel, âgé de 53 ans, d’origine hongroise La gendarmerie de Morteau l’a arrêté cette semaine en flagrant délit de vol d’effets d’habillement. ll portait sur lui deux croix en or pareilles à celles que les dames portent à leur cou ainsi que plusieurs pierres de strass, objets dont il ne put expliquer la provenance qu’il a probablement volés.

Voici un article trouvé dans le « Petit-Comtois » du lundi 09 janvier 1888 (no 6821), dans la rubrique « chronique régionale – Doubs ». Cet article n’est pas signé.

Titre : La Chenalotte : actes de brutalité

Jeudi [5 janvier 1888],  M. V. M., de Morteau, se faisait con­duire à Maîche par le garçon cocher de M. Mesnier, le nommé W., dit Blanc. Le soir, au retour, entre le Russey et la Chenalotte, il a fallu dépasser le traîneau d’un nommé C, qui avait probablement, à la foire du Russey, cultivé la dive bouteille et dormait fort bien sans lanterne. Quelques mots insignifiants furent échan­gés et l’on passa. Mais à la Chenalotte, nos Mortuaciens sont rejoints à l’auberge Deleule par C. Celui-ci, en fureur d’avoir été dépassé, prend à partie le cocher W. et le bouscule. W., sans le frapper, lui fait voir et sentir qu’il ne serait pas le maître. C, alors de s’écrier : « Tu t’en repentiras, tu ne reverras pas Morteau. » Ici commence le drame. C sort et va appeler ses  fils, qui, déjà, sont au lit. Il revient avec ceux-ci qui, préa­lablement, se sont armés de triques, et, leur montrant W., leur dit : « C’est celui-là qu’il faut tuer». En une seconde, le malheureux W., pris à l’improviste, se trouve littéralement abattu au milieu du plancher. Son voyageur, M. V., veut s’interposer ; il  est aussitôt renversé et perdit immédiatement toute connaissance. Tout cela s’est passé si promptement que les quelques assistants n’ont pas eu le temps d’intervenir assez vite. Détail piquant et qui mérite d’être signalé. Alors que ces rustres secouaient M. V., le cocher W. fait quelques mouvements. C., s’en apercevant, de s’écrier ; « Y n’ô pas mou, et faut l’essevir. » (Il n’est pas mort, il faut l’achever). Et, de fait, si on les eût laissé faire, c’en était fini du pauvre W. De pareils actes ne  peuvent être commis que par de véritables brutes. Nous  croyons savoir que procès verbal a été dressé et que  ni M. V., ni le patron de W., M. Mesnier, ne  veulent laisser l’affaire tranquille. W., ramené  à Morteau dans un état pitoyable, est l’objet des soins du médecin, qui ne peut encore se prononcer d’une manière définitive, mais qui conclut sans aggravation imprévue, à un minimum de vingt jours d’incapacité de travail.

Le Pontissalien du 23 mai 1920, la fête du village :

« La fête de la Chenalotte. — Ceux de la Chenalotte, nés malins, imaginèrent de reporter leur fête patronale le jour de la Pentecôte. Comme ça ils sont sûrs d’avoir beaucoup de monde ! Un public du Villers, composé principalement d’horlogers, ces taillables à merci, leur est très fidèle.

Cette année, selon l’usage, de bonne heure après midi, les groupes amusés de filles et de garçons grimpèrent la côte et s’en allèrent, par le sentier à peine marqué de la montagne, pour dévaler ensuite, troublant les grands troupeaux de vaches, jusqu’au petit village de la bonne limonade. Part réservée à quelques mortuassiens venus qui en auto, qui à bicyclettes, c’est au demeurant le Villers seul qui mène la réjouissance : orchestre, danseurs, consommateurs, tous Villèriers. Ça n’en est pas moins très animé !

Aussi, au matin du jour suivant, une question croise la rue : «Êtes-vous allé à la fête de La Chenalotte ?

— Non, répond cette fois la jeune fille interpellée. Qu’y serais-je allée faire ? Quoi voir ? » Et en effet, quoi voir? Quoi faire ? au monde ; boire de la limonade en mangeant du gâteau traditionnel ; prendre de bons « quatre heures». Banales choses que cela !

Pourtant les pèlerins en sont trop zélés ! J’ai été au « revirot ». Tout le monde sait que le « revirot » est le lendemain de la fête. Il y avait encore pas mal de retardataires. La grande et rustique pelouse, devant l’église qui constitue la place du village (place et pâturage en même temps) paraissait désaffectée de livrer passage aux allées et venues des jeunes personnes endimanchées de blanc, lesquelles la profanaient parfois de leurs ferrailleuses bécanes poussées à la main. « Que d’hirondelles sur nos portes ! Observe un loustic indigène. Que n’ai-je maintenant vingt ans de moins !»

Mais n’est-ce pas la seule parure de fête, oh ! champêtre et sommeillante Chenalotte ?

A l’auberge D. qui est aussi une fabrique de limonade, un orchestre tente, par boutade, de réveiller l’ardeur gambadeuse des danseurs. Laissons les rares couples du bal s’agiter en cadence et arrêtons-nous dans la salle du bas pour y déguster la fameuse limonade. Il fait chaud dans ce patelin sans arbre, bordé d’une forêt ! Pendant que nous nous désaltérons, nous observons ce public facile, amateur de fêtes sans fête. Parmi, je reconnais les deux inséparables X… qui vont et viennent comme des âmes en peine, cherchant je ne sais quoi qui ne serait plus. Ils sont de ma génération, et leur jeunesse envolée a pu laisser ici, ou ailleurs, quelque bribe de leur passé sentimental. Je leur trouve un air dérouté ; n’en tiendrait-il qu’à moi ? Hélas, mes amis, les ombres que vous poursuivez ne sont plus là. Vôtre inquiétude est vaine. Un souffle vers la ville, a pu les emporter. Consolez-vous, la fleur du souvenir les remplace avec avantage. Maintenant c’est fini. La musique et l’éclat des voix se sont tues pour un an. A cette heure, j’en suis sûr, la Chenalotte épanouie a repris toute sa placidité coutumière ». B-M

 « La sentinelle » du 06 octobre 1931 où l’auteur de l’article fait cette description du village : « …La Chenalotte ! Hameau détaché de cette solitude, ou se coudoient de bizarre façon le progrès, concrétisé par la gare et le passé avec les vieux toits gris« .

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