Un peintre à La Chenalotte : Gaston Robbe (1900 – 1954)

Cette huile sur toile de 55x 45.5 de 1935 représentant notre village sous la neige est l’œuvre de Gaston Robbe. Dans un premier temps, notaire au Russey depuis sa prestation de serment le 05 mars 1928, il cesse son activité le 01 juillet 1932 pour se consacrer entièrement à sa passion, la peinture, et tente de vivre de son art.

Gaston robbepIl peint son pays, le Haut-Doubs, les hivers du Hauts-Doubs, des portraits et des natures mortes. Robbe expose autant que possible dans diverses manifestations régionales, notamment au Salon des Annonciades à Pontarlier à partir de 1935. Remarqué par la critique, son nom revient régulièrement dans la presse où l’on salue son style très personnel dans la lignée de Zingg, et l’adéquation de sa peinture avec les paysages du Haut-Doubs. En 1951, le peintre parvient à exposer seul dans une galerie parisienne, où il commence à se faire une réputation dépassant le cadre régional.

Gaston-ROBBE1Malheureusement, de santé fragile, Robbe ne se verra pas consacré de son vivant. C’est trois ans après sa disparition, en 1957, qu’une rétrospective de son oeuvre est organisée au palais Grandvelle à Besançon.

Quelques articles parus dans la presse régionale parlent de l’artiste et de notre village.

Franche-Comté Monts Jura, avril 1935, S.Peuteuil. Galerie Demenge du 30 mars au 07 avril 1935

 « Combien nous avons aimé, de Robbe, son Bois du Fourg, enlevé dans une sorte de fièvre picturale, et ses calmes, ses infinis paysages de neige où l’hiver souffle sa froide haleine. Toute une partie des montagnes du Doubs, des hauts plateaux et des moyens plateaux, est aussi exprimée avec vigueur et avec sève : Le Russey, Bretonvillers, Noël-Cerneux, Laval-le-Prieuré, Combe-au-Page, La Chenalotte, Rosureux, tous ces noms charmants précisent la situation de ces décors glacés qui parlent à notre âme aussi haut que les chaleureux paysages de Provence à l’âme du méridional exilé ».

Le pays comtois, Mai 1935. Galerie Demenge du 30 mars au 7 avril 1935

« Robbe, notaire au Russey a mis en vitrine chez Demenge de nombreux paysages du Haut-Doubs et plus particulièrement des environs du Russey. Ce sont surtout des paysages d’hiver, de ces hivers si longs, si rigoureux, et surtout si prodigues en neige, comme en connaissent nos montagnards. Tous portent cette empreinte originale qui caractérise l’« École » de Pontarlier. La Combe au Page, puis Les Oudots et un effet de nuit à La Chenalotte sont rendus avec une compréhension toute particulière de la nature de chez nous.
Une autre toile remarquée est Laval d’une grande profondeur et surtout où la teinte d’horizon est fort inattendue en même temps que très exacte ».

La République, 2 août 1949, P. Cardot. Salon des Annonciades

« Gaston Robbe est un élève de Joseph Zingg, et comme lui il traite la nature en la dépouillant de tous ses artifices. Il retient l’essentiel et l’exprime à plein empâtement, faisant une peinture rustique et solide qui n’est pas toujours appréciée comme il se devrait. Beaucoup d’amateurs en sont restés aux toiles classiques sans voir qu’à côté d’elles il existe des techniques modernes et des artistes évoluant avec leur temps. Mais Robbe aura sa revanche avant qu’il ne soit peu, sa peinture n’ayant rien de rébarbatif.
Et cet artiste bien Comtois, s’il produit des tableaux au premier abord sévères et durs pour les non initiés est capable de faire de délicieux bouquets de fleurs champêtres dont aux Annonciades il existe
un échantillon.
Citons parmi les paysages : La Forêt Comtoise, L’Ognon à Cussey, une Vierge à Colombières et une Neige à la Chenalotte. »

La république, 28 décembre 1949. Galerie Demenge

« Gaston Robbe a puisé son inspiration dans le Haut-Doubs et sur les bords de l’Ognon, où le coquet village de Cussey est à l’honneur. Il y a là des tableaux de neige où la variété des effets se joint à la solidité et à la beauté du paysage. Le pittoresque du Russey se fait jour dans quelques unes de ses meilleures toiles, place de l’Eglise sous divers
aspect notamment Noël à Montflovin avec ses traîneaux ; Les Fuottes ; Neige à Bonnétage, La Chenalotte, sont autant de tableaux sympathiques à souhait ».

Sources

http://www.jeanmicheldesmicht.com/gaston_robbe/page001.html

http://www.musees-franchecomte.com/index.php?p=831