24 avril : Journée du souvenir des victimes de la déportation. Roger Cuenot, mort à Dora

23 Avr 2022 | Histoire

Le dernier dimanche d’avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d’extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale.

A cette occasion, les drapeaux tricolores seront de sortie. 

Sur le monument aux morts de La Chenalotte, figure le nom de Roger Cuenot, matricule 30452, déporté au camp de Dora…

« Roger Cuenot est né le 30 octobre 1910 à La Chenalotte. Marié le 24 janvier 1936 avec Yvonne Mével, il est père de deux fils : Gerry, né le 1er juillet 1936 et Alain, né le 05 août 1943. Il est domicilié au 6, Grande-Rue à Morteau et exerce la profession de garçon boucher. Il est décrit comme un homme de taille de 1m70, les cheveux châtain foncé et les yeux bruns.

Dans des attestations datées de 1947 et 1953, le lieutenant-colonel Michel Hollard, ex-chef du réseau de résistance Agir, certifie que Roger a fait partie de ce groupe depuis le 1er juillet 1941. En qualité d’agent de liaison, il transmettait des courriers émis par le chef de réseau à travers la frontière franco-suisse.

Le 17 mars 1943, il est arrêté par la Gestapo à Besançon au retour d’une mission. Il est incarcéré dans cette ville, puis à Dijon (Côte-d’Or). Le 11 mai 1943, il est transféré à la prison de Fresnes (Seine), puis le 23 juin, il est envoyé au camp de rassemblement de Compiègne (Oise) où il reçoit le numéro 16139. 

Le 28 octobre 1943, il est déporté dans le 4ème grand convoi d’un millier d’hommes parti de France vers Bunchenwald. A leur arrivé, deux jours plus tard,912 d’entre eux sont enregistrés : 831 français et 81 étrangers. Roger Cuenot est inscrit comme boucher sous le matricule 30452. 

Le 22 janvier 1944, Roger est dirigé vers le Kommando de Dora. La situation est dramatique, les Blocks d’hébergement extérieurs ne sont pas encore bâtis et les détenus dorment dans les déblais humides des tunnels en construction. A une date inconnue, il est transféré au Kommando d’Harzungen puis, le 22 août 1944, à celui d’Ellrich. Les conditions de détention et de travail dans ce camp sont extrêmement difficiles. Sous les ordres de SS extrêmement violents, les détenus sont entassés dans d’anciens bâtiments industriels très froids et sans aucune installation sanitaire. Une grande majorité d’entre eux travaille sur des chantiers extérieurs et doit supporter des déplacements harassants chaque jour, quelles que soient les conditions météorologiques. La mortalité y est très élevée. 

Les dernières nouvelles envoyées par Roger Cuenot datent du 29 juillet 1944. Il ne survit pas à cet enfer qu’évoque André Sellier (39570) dans son ouvrage sur Dora. Il meurt le 29 décembre 1944 au Revier d’Ellrich à 7h35« .

Source : article de Lionel Roux paru dans le « le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora » de Laurent Thierry, publié en 2020 au édition du Cherche-Midi

Source : Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, droits réservés